Le blogue

F1 et exploitation sexuelle : nous ne sommes pas à vendre

Avec les années, on dénonce de plus en plus les activités criminelles reliées à la traite des femmes et des filles lors du Grand Prix du Canada (Officiel) de Montréal. Ce n’est pas peu dire, l’événement est malheureusement connu comme un grande opportunité de tourisme sexuel : une pratique internationalisée, qui tend à envoyer les prédateurs aux quatre coins du monde, exploiter les « locales », qu’elles soient majeures ou non… ce que dénonce plusieurs groupes de femmes, certains élus, des citoyens et des personnalités publiques, mais en vain. Soulignons seulement au passage le grand travail de Benoît Dutrizac, sur les ondes du 98,5 FM, à l’égard du traitement réservé aux femmes à différents niveaux. Cette pression publique et politique fera éventuellement contrepoids aux intérêts financiers et sexuels de ceux qui protègent ce système de traite humaine.

Il est naturel pour nous de souligner l’initiative du maire de Montréal, Denis Coderre, qui a annoncé le 23 mai dernier, faire appel au Conseil des Montréalaises pour « évaluer l’existence et l’ampleur » du phénomène. Il a d’ailleurs ajouté qu’il s’agissait d’une situation intolérable pour son administration. Bravo monsieur Coderre pour cette prise de position franche et ce premier geste public et concret démontrant une volonté de mettre fin au réseau de prostitution et à la réputation de plaque tournante du tourisme sexuel, qu’on connaît bien de Montréal.

Nous croyons toutefois que de procéder à cette évaluation sur les trois prochaines années est beaucoup, beaucoup trop long. Ce sont encore des milliers de femmes et de jeunes filles (et d’hommes et de jeunes hommes aussi) qui seront exploitées, dans l’indifférence la plus complète, dans nos rues, à Montréal. Les impacts physiques, de santé, psychologiques et de sécurité d’une telle pratique sont bien connus. Et durant trois ans, nous laisserons des centaines de jeunes filles mineures entrer tranquillement dans ce qui sera sans doute une roue infernale d’abus pendant de trop longues années.

Rappelons qu’au Québec, l’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 14 ans.*

Il en va de notre responsabilité de dénoncer cette situation et de mettre en place tous les outils afin de lutter contre la traite des femmes et des filles, partout sur la planète, mais aussi et surtout, chez nous, dans nos rues.

*Référence : Conseil du statut de la femme du Québec. La prostitution : il est temps d’agir. 2012

Date de publication:
25 mai 2017
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