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Journée internationale des travailleurs

En ce 1er mai, Journée internationale des travailleurs, l’occasion est toute désignée pour faire un bref retour historique sur le salaire minimum au Québec.

C’est le 22 juin 1940 que le gouvernement libéral d’Adélard Godbout sanctionne la Loi sur le salaire minimum qui entrera en vigueur le 18 septembre 1940. Cette loi remplacera la Loi sur les salaires raisonnables qui avait été instaurée par le gouvernement de Maurice Duplessis en 1937 et qui était alors contournée de bien des façons par les employeurs.

En 1965, le Québec a le taux le plus bas au Canada. De façon à rattraper son retard, le gouvernement de Jean Lesage fait passer le salaire minimum de 0,70$/heure à 0,85$/heure puis à 1$ en 1966. À titre indicatif, rappelons qu’en 1960 une pinte de lait (1,14 litre) coûtait alors 0,24$, soit environ 30% du salaire horaire d’un travailleur au salaire minimum alors qu’aujourd’hui, un litre de lait équivaut à environ 18% du salaire horaire d’un employé au salaire minimum.

Vers la fin de l’année 1973, pour contrer les effets de l’inflation, le salaire minimum augmente de 35%, passant de 1,70$/heure à 2,30$/h. Cette hausse rapide se poursuivra avec l’arrivée du Parti Québécois au pouvoir qui le fera passer à 3,15$/heure en 1977, le taux le plus élevé en Amérique du Nord. En ce sens, si le salaire minimum avait annuellement été indexé au coût de la vie depuis 1977, cela équivaudrait aujourd’hui à un salaire minimum d’environ 11$/heure.

Du début des années 1980, et ce, jusqu’au début des années 2000, influencé par les perspectives néolibérales, le salaire minimum augmentera à un rythme d’environ 5%, subissant quelques années de gel ce qui aura pour effet de diminuer considérablement le pouvoir d’achat des travailleurs.

De façon à stimuler le pouvoir d’achat, le salaire minimum subira des hausses plus substantielles à partir de 2002. De 7,20$/heure au début des années 2000, il augmentera de près de 60% pour se chiffrer aujourd’hui à 11,25$/h.

De plus en plus de voix s’élèvent aujourd’hui dans la société québécoise pour réclamer l’instauration d’un salaire minimum à 15$. Malgré tout, cette hausse ne fait pas l’unanimité. Pour Sylvie Morel, économiste au département des relations industrielles de l’Université Laval, des salaires plus élevés motivent davantage les salariés, pacifient les relations de travail et améliorent la cohésion en entreprise. Pour sa part, l’économiste Pierre Fortin voit dans la hausse du salaire minimum à 15$/h une arme à double tranchant qui aurait des impacts néfastes sur les emplois et le décrochage scolaire.

Et vous, qu’en pensez-vous?

Date de publication:
1 mai 2017
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